Dans cette optique, il y aurait-il un savoir à acquérir qui serait utile pour atteindre le bien-être général (bonheur qui s'apparente au plaisir pour les hédonistes, ataraxie pour les épicuriens)? S'intéresser à la nature humaine pour causer le moins de tort possible à autrui pourrait être une solution, se spécialiser dans ce domaine de connaissance (quitte à délaisser les autres par manque de temps) ..mais dans ce cas, quid des autres connaissances qui s'intéressent plus à la nature des choses et de l'univers? Seules la médecine (bien soigenr son corps), la botanique (respirer des senteurs agréables), la gastronomie (manger sainement et si possible des mets au goût agréable) seraient les sciences dignes d'intérêt?
Il me semble tout de même que connaître l'art et la palettes des chefs d'oeuvre disponibles pourraient permettre de découvrir l'esthétique et de là l'ataraxie mentale. Comme dirait Nietzsche, "la vie sans musique serait une erreur". On pourrait également pousser l'homme à créer des choses agréables, sans pour autant lui mettre une pression, lui imposer une censure ou des canons esthétiques moraux. Dans ce cas, les oeuvres d'art ne seraient accessibles qu'à ceux qui en retireraient du plaisir (peut être seul son créateur d'ailleurs en retirerait). Ces oeuvres ne seraient pas "utiles" au sens moderne du terme (pour améliorer le confort de l'individu, nouvelle idole dont l'homme moderne semble prisonnier) mis au sens "utilitariste" : pour maximiser le plaisir de ceux qui les contempleraient (dans cette optique, quid des architectures que l'artiste impose à tous les regards?)
Peut-être que la recherche de la vérité métaphysique et existentielle (d'où venons-nous...) est vaine et que la quête sans fin vers la culture générale la plus grande possible n'est qu'une façon de gonfler notre ego en voulant impressionner la galerie lors de dîners en ville avec la somme de ses connaissances. Les religions ont évacué ce besoin continu de connaissances en érigeant des dogmes, des vérités toutes faites: résultat ils vivent peut-être dans l'llusion mais peuvent enfin s'intéresser au bonheur maintenant et tout de suite et ne perdent pas leur temps dans des discussions stériles pour savoir qui nous sommes vraiment. La sagesse ultime ne serait pas de savoir "qui nous sommes" mais "comment nous réaliser". L'homme veut "savoir" à tout prix qui il est, mais le savoir le fera-t-il moins souffrir? Comme disent les chrétiens, adam et eve ont voulu accéder à l'arbre de la connaissance, bien mal leur a pris!