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Esthétique ou pratique?

Je voudrais lancer un débat sur la dialectique esthétique/pratique. Il peut sembler simpliste de vouloir opposer ces deux termes en toute circonstance mais cela s'intègre bien dans une discussion sur la place de l'esthétisme dans une démarche utilitariste.
 
Notre époque donne l'impression d'une recherche perpétuelle du confort. Cette quête vers toujours plus de progrés matériel doit respecter cependant une contrainte: qu'elle permette, dans la sphère du travail, des gains de productivité toujours plus forts et, dans la sphère domotique une plus grande consommation de produits bourrés de technologie pas toujours indispensables (loin de moi l'envie d'avoir une vision marxiste du marketing qui créerait des besoins, je pense plutôt que, dans une logique épicurienne, le marketing concourrait à rendre nécessaires des besoins qui, par nature, ne le sont pas). Bref, que ce confort permette de dynamiser toujours plus l'économie. Tant mieux si celtte mécanique permet d'augmenter le niveau de vie des plus démunis et conduire à l'ataraxie ceux qui souffent matériellement et ne mangent pas à leur faim. Mais tout est fait comme si cette quête des "0 pauvres" avait comme retombée l'aliénation de la classe moyenne à des objets à l'esthétique pas toujours travaillée.
 
Bref, on recherche ce qui est "pratique" et il faut bien avouer que la recherche esthétique est bien souvent subordonnée à la maximisation de la praticité. La qualité esthétique étant le plus souvent proportionnelle a sa rareté (si les porsche se banalisaient, elles perdraient leur supériorité vis-à-vis de la voiture moyenne et du même coup leur attrait), le tableau est aujourd'hui vu comme un vulgaire élément de décoration produit en série chez IKEA. Car c'est tout de même plus pratique et plus rentable, IKEA n'ayant pas vocation à faire mener à ses designers une existence d'artiste-peintre msérable!
 
De même, on préférera prendre un axe routier au paysage lunaire et morne que des petites routes bordant des villages champêtres pour le même souci d'efficacité (cousin germain de la praticité). Loin de vouloir jouer le rôle du rabat-joie nostalgique, je veux simplement plaider pour un meilleur arbitrage beauté/modernité, le progrès n'étant pas, loin s'en faut, toujours supérieur à la beauté pour atteindre le plaisir!
 
Seul refuge aujourd'hui de la pseudo-beauté: l'emballage. Doté de couleur chatoyantes pour attirer le regard du chaland dans les rayons, il garde une existence éphémères - à moins de le collectionner - et une portée émotionnelle d'une richesse toute relative ! 
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M
Prendre le temps de prendre le temps...ca me fait penser au "bétonnage" des cotes par des complexes hoteliers ou résidences dont le manque d'esthetisme flagrant denature la beauté de certains sites balnéaires. Peut etre cela vient-il d'un désir "court terme" d'obtenir un plaisir rapidement, sans reflechir aux conséquences a moyen terme. l'exemple des autoroutes est interressant aussi. Prendre le temps de prendre le temps...
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