Le but de la vie est d'être heureux.
Pour être heureux, il faut être sage.
Or pour être sage, il faut philosopher.
Philosopher, c'est discuter, faire des raisonnements, nous interroger sur notre propre vie au sujet de ce qui est à rechercher ou à fuir.
Il y a une urgence à philosopher. Il faut philosopher tout de suite sans attendre ; et il faut philosopher le plus souvent possible ; car différer de philosopher, c'est différer d'être heureux.
Il est tellement important de philosopher et d'étudier la science de la nature (condition préalable) qu'il ne faut pas perdre son temps dans la connaissance de la « culture générale » (paedia) comme la poésie, la musique, la rhétorique, la philologie, la géométrie, l'arithmétique supérieure, l'astronomie (bref, tout ce que les sophistes avaient mis a la mode).
Il ne faut s'intéresser qu'à la connaissance utile et nécessaire.
Pourquoi ? Parce que la vie est trop courte, et l'éternité de la mort trop longue, pour avoir envie de perdre son temps avant d'atteindre le bonheur et la joie profonde de philosopher ; car la joie profonde de philosopher est la joie du passage de la maladie à la santé.
Il faut que chacun devienne philosophe, devienne son propre médecin ; car le bonheur ne peut venir à chacun que de lui-même, par une modification de soi.